SPIRULINE ET VIH

Ruban Rouge solidarité © XDR

 

Attention : La spiruline peut être un soutient thérapeutique, mais en aucune façon ne doit être assimilée à un traitement à part entière et unique.

 

Voir également :

  • Guide pratique des plantes médicinales pour les personnes vivant avec le VIH (Réseau canadien d'info-traitements sida, www.catie.ca, 2005 - 60 p) - pdf

 

(autres documents scientifiques en fin d'article).

 

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VIH : Virus Immunodéficience Humaine.

Séropositif : personne ayant contracté le virus du VIH.

SIDA : Syndrome Immuno Déficience Acquise.

 

Le VIH est un virus qui affaiblit le système immunitaire chez l'être humain. Quant l'affaiblissement (par la destruction des lymphocytes T4) commence à laisser s'installer des maladies dites opportunistes (candidoses, infections pulmonaires, tuberculose...) on parle alors de SIDA.

Lymphocyte T.CD4 ou T4 : il s'agit de la famille de globules blancs ciblée par le VIH (les deux autres familles étant les polynucléaires et les monocytes). Une fois les lymphocytes T4 infectées par le VIH, ces dernières ne peuvent plus générer d'anti-corps pour combattre l'infection. Le nombre de lymphocytes T4 dans le sang est de 500 à 1500 / mm3. Entre 350 et 500 il y a un léger déficit immunitaire, entre 200 et 350 il y a un déficit immunitaire réel et en dessous de 200 / mm3 le SIDA s'installe.

 

En France, 150.000 personnes ont le VIH, près de 6000 découvrent leur séropositivité chaque année (54% d'entre eux sont hétérosexuel). Chaque année le SIDA continue à tuer (37 Mio depuis sa découverte).

 

Depuis une vingtaine d'années, beaucoup d'études scientifiques ont été menées sur les bénéfices de la spiruline contre le VIH :

Il a été constaté une augmentation du taux sérique de lymphocytes T CD4, d'une prise de poids et d'une diminution des maladies opportunistes. En effet, l'extrait aqueux de la Spirulina platensis permet d'inhiber la réplication du VIH-1 dans les lymphocytes T d'origine humaine et dans les cellules sanguines mononucléaires périphériques. (cf. les références de ces études dans le livre du Dr Jean-Louis Vidalo).

 

Le docteur Amha Belay, lors du colloque international sur les cyanobactéries pour la santé, la science et le développement, de 2004 aux Embiez (France), s'exprimera sur le VIH et la spiruline :

"Il apparaît dans la littérature que la Spiruline régule favorablement le système immunitaire en augmentant l'activation macrophage, l'activité des cellules T et l'activité des cellules naturellement destructrices. Il a aussi été démontré que la Spiruline augmente la production de gamma interféron, ce qui peut éventuellement rendre les virus inactifs, que l'eau extraite de la Spiruline avait une activité anLivirale contre notamment le virus humain immunodéficient (I-IIV-I) et que le virus simplex de l'herpes (BSV-l) . Les polysaccharides sulfatés polyanioniques de la Spiruline sont aussi des candidats potentiels aux microbicides anti-HfV. Des observations sur les animaux et les patients atteints du SIDA ont montré qu'une nourriture altérée avait une influence sur la progression de la maladie. Des déficiences en micronutriments provoquent le dysfonctionnement des cellules immunitaires dû au déséquilibre du rapport Th1m2. Elles provoquent également la production de radicaux libres à l'origine de complications secondaires qui accélèrent la progression de la maladie et les infections opportunistes".

 

Audrey Manet, dans sa thèse de 2016, résume les différentes études scientifiques réalisées sur des patients atteints du VIH :

"- Un essai clinique de phase I et II existe (1) : 5 personnes naïfs de traitement antirétroviral ont pris 6 g de spiruline par jour pour évaluer la toxicité aiguë sur 12 semaines (phase I) puis 6 sujets supplémentaires ont intégré l'essai pour évaluer la toxicité à moyen et long terme (phase II). Une augmentation du taux de CD4 (447±47 à 484±67 cell/μl) et une diminution de la charge virale (61,884± 24,767 à 18,015± 7,130) au bout de 3 mois ont été observées. Aucun effet secondaire n'est à déplorer. D'autres auteurs arrivent à la même conclusion : et veulent supplémenter les patients VIH+ dans le but de retarder la progression de la maladie en améliorant la réponse immunitaire.

- 169 patients naïfs de tout traitement ont été suivis pendant 12 mois en prenant 10g de spiruline/j les 6 premiers mois ou un placebo en plus d'une alimentation équilibrée locale. Les résultats montrent une diminution significative de la charge virale dans le groupe spiruline (74770,33 ± 3,19 à 30872,33± 3,93 copies/ml) alors que celle du groupe témoin augmente. Le taux de CD4 quant à lui, augmente significativement contrairement au groupe contrôle. (596,32±198 à 614,92± 179,43 cellules/μl au bout de 12 mois) (2). La spiruline stimule les défenses immunitaires en activant les macrophages, les lymphocytes T les anticorps et phagocytes qui finissent par éliminer le virus et augmente la production de γ-interféron qui inactive les virus. De plus, ces défenses permettent de lutter contre les infections opportunistes qui apparaissent durant le stade SIDA. Le taux très faible de séropositifs dans les rivages du lac Tchad prouve que la consommation de forte quantité de spiruline (10 g par jour) protège contre l’infection à HIV. Dernier effet bénéfique de la spiruline chez le patient VIH est une prise de poids, une augmentation sérique des lymphocytes CD4 et une diminution des surinfections opportunistes.

Pour résumer, la spiruline évite la pénétration du virus dans les cellules ; évite la duplication du virus dans les cellules et renforce les défenses immunitaires permettant de repousser les maladies opportunistes.

Enfin, la richesse nutritionnelle assure au malade une protection contre les carences.

La spiruline ne combat pas le SIDA mais améliore le statut immunitaire et les carences nutritionnelles : quatorze essais de petite taille ont été étudiés suite à des recherches bibliographiques de 1966 à février 2012 (essais contrôlés randomisés, macro nutriments vs absence de suppléments nutritionnels ou placebo) afin d’évaluer différentes supplémentations en macronutriments spécifiques (acides amines, concentré de protéines de lactosérum, spiruline) et leur éventuelle influence sur une diminution de la morbidité et la mortalité, une réduction des complications associées au VIH, une amélioration de la qualité de vie ou une atténuation de la progression du virus chez des adultes et enfants atteints du VIH. La malnutrition influence la progression de la maladie et le manque de protéines et de calories altère la réponse immunitaire. C'est pourquoi l'OMS recommande que le régime alimentaire des patients VIH+ soit complété par des macro et micronutriments. Au total, 1725 adultes et 271 enfants ont été inclus dans cette revue (3), et les principales conclusions sont que ni les compléments alimentaires ni la supplémentation en spiruline ne permettent de diminuer le risque de décès même si la supplémentation en formules de macronutriments combinés aux conseils nutritionnels a amélioré l’apport en énergie. Mais aucune conclusion définitive ne peut être tirée étant donné le faible nombre d’études. En effet d'autres auteurs (4) arrivent à des conclusions différentes : ceux qui ont comparé les fèves de soja vs la spiruline chez 52 patients âgés de 18 à 35 ans à des doses de 0,37 g/kg de spiruline/j pendant 1 mois puis 0,2 g/kg/j pendant 2 mois et qui ont commencé un traitement antirétroviral en même temps que la complémentation observent à la fin de l'étude un taux de CD4 significativement augmenté (P<0,01) (96± 58 à 195± 90) , hausse significativement plus importante dans le groupe spiruline que dans le groupe soja (P= 0,02). La réponse immunitaire est plus efficace chez les patients sous ART+ spiruline que sous ART+soja. La charge virale est réduite de manière significative (P<0,001) (4,86± 0,35 à 4,45± 0,49) uniquement dans le groupe spiruline, la spiruline aurait un effet antiviral intrinsèque sur le VIH, même si aucune étude clinique contre des patients non traités par ART n'est publiée pour des raisons d'éthique. Améliorer l'état nutritionnel d'un patient VIH+ améliore son état immunitaire, son nombre de CD4 impliquant une baisse de la charge virale, la spiruline est donc un bon candidat pour la réhabilitation nutritionnel des patients VIH+ en Afrique.

Même si en aucun cas la spiruline peut être utilisée à l'officine comme antiviral, elle peut accompagner des patients atteints de VIH, ou hépatite C et les études sur la phycocyanine et le calcium-spirulan, encourageantes, doivent être poursuivies, dans le but de découvrir un nouvel antiviral naturel."

 

1 - Dietary algae and HIV/AIDS: proof of concept clinical data (J. Teas & M. R. Irhimeh, 2012 - 9 p) - pdf

2 - Impact of daily supplementation of Spirulina platensis on the immune system of naïve HIV-1 patients in Cameroon: a 12-months single blind, randomized, multicenter trial (Marthe-Elise Ngo-Matip, Constant Anatole Pieme, Marcel Azabji-Kenfack, Prosper Cabral Nya Biapa, Nkenfack Germaine, Englert Heike, Bruno Moukette Moukette, Korosky Emmanuel, Stefanini Philippe, Carl Moses Mbofung et Jeanne Yonkeu Ngogang, 2015 - 7 p) - pdf

3 - Nutritional interventions for reducing morbidity and mortality in people with HIV (Mahlungulu SSN, Grobler L, Visser MME, Volmink J, 2013 - 133 p) - pdf

4 - Potential of Spirulina Platensis as a Nutritional Supplement in Malnourished HIV-Infected Adults in Sub-Saharan Africa : A Randomised, Single-Blind Study (M. Azabji-Kenfack, S. Edie Dikosso, E.G. Loni, E.A. Onana, E. Sobngwi, E. Gbaguidi, A.L. Ngougni Kana, G. Nguefack-Tsague, D. Von der Weid, O. Njoya and J. Ngogang, 2011 - 9 p) - pdf

 

Autres ressources scientifiques :

  • The Effect of Arthrospira platensis Capsules on CD4 T-Cells and Antioxidative Capacity in a Randomized Pilot Study of Adult Women Infected with Human Immunodeficiency Virus Not under HAART in Yaoundé, Cameroon (Frank Stéphane Winter, Francois Emakam, Anfumbom Kfutwah, Johannes Hermann, Marcel Azabji-Kenfack and Michael B. Krawinkel, 2014 - 14 p) - pdf
  • Effets de la supplémentation en Spirulina platensis sur le profil lipidique chez des patients naïves antirétroviraux infectés par le VIH à Yaoundé – Cameroun : étude randomisée (Marthe-Elise Ngo-Matip, Constant Anatole Pieme, Marcel Azabji-Kenfack, Prosper Cabral Nya Biapa, Nkenfack Germaine, Englert Heike, Bruno Moukette Moukette, Korosky Emmanuel, Stefanini Philippe, Carl Moses Mbofung et Jeanne Yonkeu Ngogang, 2015 - 22 p) - pdf
  • Effects of spirulina supplementation on selected anthropometric, biochemical, and hematological parameters of HIV-infected adults in Ouagadougou, Burkina Faso (Henri Gautier OUEDRAOGO, Seni KOUANDA, Fabrice BATIONO, Boukaré DOULOUGOU, Laetitia OUEDRAOGO/NIKIEMA, Herman LANOU, Simon TIENDREBEOGO, Arnaud Guy KONSEIMBO, Benjamin LIESTMAN, Jacques SIMPORE, Jean-Baptiste NIKIEMA and Blaise SONDO, 2013 - 11 p) - pdf
  • Arthrospira platensis as Nutritional Supplementation for Adult Women Infected with Human Immunodeficiency Virus in Yaoundé, Cameroon (Frank Winter, 2015 - 173 p) - pdf
  • The Effect of Spirulina platensis versus Soybean on Insulin Resistance in HIV-Infected Patients : A Randomized Pilot Study (Azabji-Kenfack Marcel, Loni G. Ekali, Sobngwi Eugene, Onana E. Arnold, Edie D. Sandrine, Denis von der Weid 3, Emmanuel Gbaguidi, Jeanne Ngogang and Jean C. Mbanya, 2011 - 13 p) - pdf
  • Enhancement of Natural Killer Cell Activity in Healthy Subjects by Immulina®, a Spirulina Extract Enriched for Braun-Type Lipoproteins (Claus Henrik Nielsen, Premalatha Balachandran, Ole Christensen, Nirmal D. Pugh, Hemlata Tamta, Kenneth J. Sufka, XiangmeiWu, AnetteWalsted, Michelle Schjørring-Thyssen, Christian Enevold, David S. Pasco, 2010 - 7 p) - pdf
  • Nutrition rehabilitation of the HIV infected and negative undernourished children utilizing spirulina (Jacques Simpore, Frederic Zongo, Youssouf Ouattara, Fatoumata Kabore, Deleli Dansou, Augustin Bere, Jean-Baptiste Nikiema and Salvatore Musumeci, 2005 - 7 p) - pdf
  • New data show an important potential of spirulina in malnourished patients infected by HIV in Africa (Antenna, 2011 - 3 p) - pdf

 

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