PRÉVENIR LE CANCER

 

 

Affiches militantes © Médecins du monde

 

Source : Nutranews.org

La plupart des gens devraient vivre du début à la fin de leur vie sans rencontrer le cancer. Il en était ainsi il y a quelques dizaines d'années et il en est encore ainsi dans nombre de pays peu industrialisés. Malheureusement, le cancer connaît un développement épidémique dans les pays développés où il dispute souvent, au gré des circonstances locales, le titre peu envié de la "première cause de mortalité" aux maladies cardiovasculaires. Il semble paradoxal que le cancer tue de plus en plus de gens alors que des sommes colossales, d'origine publique ou privée, sont dépensées pour en venir à bout. En fait, la quasi-totalité des sommes engagées l'on été pour le traitement de la maladie. Les succès très modestes de cette approche sont loin d'endiguer la progression de la maladie, et l'argent d'origine publique ou caritative mobilisé n'est pas toujours dépensé de la manière la plus productive, c'est le moins que l'on puisse dire ! D'immenses avancées ont pourtant eu lieu, ces 10 dernières années, dans la recherche sur le cancer. Concernant la prévention, elles n'ont pas bénéficié de la publicité qu'elles méritaient, alors qu'elles permettent un degré de protection équivalent ou supérieur au port de la ceinture de sécurité pour les accidents automobiles. NUTRANEWS espère pouvoir contribuer à combler cette lacune

Prévenir plutôt que guérir

Lorsque l'on additionne la souffrance physique et morale au coût humain et social d'une maladie longue, terrible et tenace comme le cancer, on doit se poser la question pourrait-on éviter tout cela ? ". Nous le pourrions, car la prévention du cancer n'a plus rien d'un mystère. Pour l'essentiel, nous savons ce qui cause le cancer. Et nous savons aussi que nos plus fidèles défenses se trouvent en abondance dans le monde végétal qui nous entoure : ce sont des phytonutriments tellement puissants que lorsque nous les consommons en quantité suffisante, ils ont la capacité de réduire considérablement la probabilité de contracter un cancer. Mais le mot quantité est aussi important que celui de qualité. De même que celui qui fume 3 paquets de cigarettes par jour est beaucoup plus à risque de contracter un cancer du poumon que celui qui n'en fume que quelques-unes unes, celui qui consomme des quantités importantes de phytonutriments est beaucoup plus protégé que celui qui consomme ½ pomme à midi et une tomate le soir et qui se dit " j'ai pris mes fruits et légumes, je suis en sécurité ! ".

Une chose est sure, la prévention marche vraiment ! Nous sommes sûrs maintenant que l'alimentation est le facteur principal de la genèse et du développement du cancer. Ce fait est démontré par des milliers d'études médicales et scientifiques. Et si votre organisme dispose d'un arsenal anti-cancer de première classe, il vous " remerciera " en vous donnant l'opportunité de vivre à un niveau de santé et d'énergie inégalé !

La situation telle qu'elle est

En 1996, l'Organisation Mondiale de la Santé estimait à 10 millions le nombre de nouveaux cas de cancer. Sa prévision de 15 millions pour 2001 risque d'être dépassée. Même si ces chiffres peuvent paraître faibles à l'échelle mondiale, ils signifient que, dans certains pays développés, jusqu'à un homme sur deux et une femme sur trois seront touchés, à un moment ou à un autre de leur vie. Il y a donc de quoi se sentir concerné. On estime que la seule alimentation est la cause principale de 30 à 70 % des cancers, un chiffre qui ne comprend pas les cancers attribuables à d'autres facteurs mais qu'une nutrition adéquate aurait jugulés : Pourquoi, par exemple, les Japonais qui fument deux fois plus que les Américains, ont-ils deux fois moins de cancers du poumon ? 6 fois moins de cancers du sein ? et 30 fois moins de cancers de la prostate ? Parce que leur consommation élevée de thé vert, de soja et d'algues les en protège !

Réduire la charge toxique

En termes simplificateurs : le cancer se produit lorsque l'organisme est envahi de toxines qu'il n'est pas capable d'éliminer, à un point tel que le dommage cellulaire commence à s'accumuler. Bien sûr, il y a aussi une certaine prédisposition génétique ou un affaiblissement des défenses dû à l'âge qui peuvent jouer. Mais le fait est que la majorité des sujets génétiquement prédisposés n'ont jamais le cancer. Le comportement individuel est donc le facteur de risque prédominant.

Si la charge toxique est modérée alors que les défenses sont au plus haut, la probabilité de contracter la maladie est beaucoup plus faible. Si la charge toxique est importante et que les défenses sont affaiblies, la probabilité est significativement augmentée. Et la charge toxique à laquelle nous sommes exposés n'a rien de mythique ou d'hypothétique :

 

  • La surexposition aux toxines environnementales est à l'origine de deux nouveaux syndromes identifiés dans les années 90 : la multi-sensitivité chimique et le syndrome de l'immeuble contaminé. Les pesticides, les métaux lourds et les solvants impliqués endommagent le système nerveux central et le système endocrinien.

  • Certains colorants alimentaires accroissent la prolifération des cellules cancéreuses oestrogéne-dependantes.

  • Les PCB (des contaminants chimiques du lait) doublent le risque de cancer du sein.

  • 75 millions de tonnes de pesticides dont l'usage est interdit dans les pays développés (comme le DDT et le chlordane) sont exportés par les seuls USA dans les pays du tiers monde chaque année. Ces poisons reviennent dans nos supermarchés intégrés à la chaîne alimentaire sous forme de produits " tropicaux " ou " hors saison ". On a retrouvé des traces de DDE et de DDT dans des côtelettes de mouton, des épinards, des raisins et du fromage importés. Et comme ces pesticides s'évaporent dans l'atmosphère, ils peuvent même voyager avec les nuages et revenir chez nous sous forme de pluie…

  • Dans un article publié en 1994 dans le Journal of the American Medical Association (JAMA), Derva Lee Davis notait que les hommes et femmes nés dans les années 40 contractent respectivement 2 fois plus et 30 % de plus de cancers provoqués par des causes autres que le tabac par rapport à ceux nés en 1890.

  • Depuis 1976, l'Agence (américaine) pour la Protection de l'Environnement mesure les toxines stockées dans la masse graisseuse lors des autopsies et des actes chirurgicaux : 20 composés toxiques dont l'OCDD (une Dioxine), le dichlorobenzene, le toluène, le DDE et les PCB sont présents dans plus de 75% des échantillons. Dans certaines zones, les métabolites organochlorés des pesticides et des herbicides sont présents dans 100% des prélèvements.

    A ces poisons environnementaux, il faut ajouter bien sûr le benzoprène de la fumée des cigarettes et des cigares, qui est inhalé aussi bien par les fumeurs que par ceux qui se retrouvent dans leur environnement contaminé, le plomb et les vapeurs d'essence émis par l'industrie et les véhicules automobiles, les métaux lourds (plomb, mercure, cadmium, arsenic) que notre organisme stocke dans ses organes les plus indispensables, la pollution radioactive et les rayons ultraviolets auxquels nous nous exposons volontairement pour satisfaire à la mode, les carcinogènes alimentaires que nous métabolisons nous-mêmes à partir des viandes cuites au barbecue et de certains préservateurs alimentaires, et le stress et l'anxiété qui désarment notre système immunitaire en face de ces multiples ennemis.

 

Qu'est ce que le cancer ?

On appelle cancer un groupe de maladies qui affectent la plupart des populations humaines et animales et qui peuvent survenir dans toute partie de l'organisme composée de cellules capables de se diviser. Les cellules cancéreuses ne croissent plus normalement mais de maniére incontrôlée. Elles ne remplissent plus leurs fonctions normales mais deviennent, en quelque sorte, indépendantes. Lorsqu'elles se divisent et se multiplient, elles donnent naissance à d'autres cellules cancéreuses. Lorsque le cancer croît, l'organisme hôte subit les conséquences du développement de la tumeur d'origine puis de ses métastases éventuelles sur d'autres sites. Le cancer le plus courant dans les pays développés est celui du poumon, suivi de ceux du colon, de la prostate et du pancréas.

La plupart des facteurs de risque du cancer sont d'une manière ou d'une autre reliés au processus oxydatif et aux radicaux libres. La plupart des nutriments et des phytonutriments qui préviennent le cancer sont aussi des antioxydants puissants. C'est donc une véritable guerre métabolique qui doit être menée à tous les stades de la maladie.

Etape par étape

Le processus par lequel la maladie progresse peut être simplifié ainsi :
 

Pro-carcinogène ou carcinogène ; Initiation ; Promotion ; Progression ; Cancer ; Métastases
 

Les pro-carcinogènes diffèrent des carcinogènes parcequ'ils ont besoin de l'assistance de certains enzymes pour exercer leur effet. Le benzoprene par exemple (présent dans la fumée des cigarettes) doit être activé par des enzymes pour devenir le benzoprène époxyde, un carcinogène très puissant. Deux phytonutriments (le thé vert et la curcumine) peuvent bloquer les enzymes qui opèrent cette conversion et donc inhiber au moins partiellement certains des effets du tabagisme sur l'ADN. Les carcinogènes, eux n'ont besoin d'aucune assistance pour initier le processus cancéreux et peuvent endommager directement l'ADN, c'est le cas des PCB, de la Dioxine ou des rayons ultraviolets, parmi d'autres.

L'initiation signifie que l'ADN de certaines cellules a été endommagé de manière permanente. Il existe alors de nombreux facteurs qui peuvent promouvoir un progrès continu vers l'état cancéreux : nos propres hormones (dans certaines parties du corps), l'inflammation ou l'infection chronique, les régimes riches en graisses " trans ", l'alcool en excès et les régimes riches en sucres raffinés. Inversement, il existe dans notre alimentation des agents bloquants qui peuvent arrêter le développement des cellules endommagées et empêcher le développement du tissu cancéreux. Certains de ces agents sont présents notamment dans les végétaux crucifères (comme le brocoli).

Eviter les carcinogènes

C'est, autant que faire se peut, la première mesure de bon sens à prendre. Les carcinogènes appartiennent à quatre groupes principaux :

1. Les carcinogènes chimiques et environnementaux, au premier rang desquels le benzoprene que l'on trouve dans le charbon, le goudron et la fumée de cigarette ou de cigare. Puis viennent les nitrites qui se transforment dans l'organisme en nitrosamines, les dérivés du pétrole, les pesticides et enfin certains carcinogènes naturels comme l'aflatoxine que l'on trouve dans le maïs et les cacahuètes. L'ensemble de ces carcinogènes chimiques est responsable d'au moins 70% des cancers.

2. Les radiations ionisantes, et en premier lieu les rayons ultraviolets du soleil, contribuent à la quasi-totalité des cancers de la peau. Les rayons X et les rayons gamma entraînent leucémies, lymphomes et cancers de la thyroïde ou des os. Les radiations nucléaires présentent bien sûr un risque élevé. Le gaz radon, un sous produit naturel de la décomposition du radium et de l'uranium, contamine beaucoup de logements (12% des logements américains contiennent plus de 4 picocuries de radon par litre d'air, le niveau considéré comme toxique !).

3. Les infections contribuent à 10% des cancers. Un virus nommé HTLV-I (Human T-cell lymphoma virus I) est la cause directe des lymphomes. Le HTLV-2 est responsable de certaines leucémies. Le virus d'Epstein-Barr semble promouvoir le lymphome de Burkitt, le virus de l'herpès et le papillomavirus sont impliqués dans le cancer du cervix. Le cancer du foie est souvent une conséquence de l'infection par le virus de l'hépatite. Et la bactérie helycobacter pylori occasionne directement certains cancers de l'estomac.

4. L'alimentation : les régimes trop riches en graisses sont fortement associés aux cancers du colon et de la prostate. Les pesticides et autres poisons qui envahissent l'alimentation sont aussi un risque majeur : manger " bio " ou " organique " est sûrement une stratégie préventive intelligente.
Dans une grande mesure, il vous est possible d'agir individuellement pour limiter les facteurs de risque. Il vous est aussi possible de modifier votre alimentation, et d'utiliser la supplémentation, pour mettre à votre service une armée de défenseurs spécialisés dans la lutte contre les cellules mutantes !

Renforcer votre système immunitaire

Les cellules du système immunitaire sont une armée au grand complet, avec ses multiples spécialités, et les cellules malignes sont une des cibles qu'elles ont la capacité et la volonté de détruire. Les " cellules naturellement tueuses " (de l'anglais Natural Killer Cells), parfois aussi nommées granulocytes, sont remplies de granules qui eux même contiennent une variété de produits chimiques capables de détruire les cellules malignes. En fait, même chez la personne bien portante, des cellules malignes se forment tous les jours et les cellules tueuses les éliminent, parce que notre système immunitaire est programmé pour éliminer le cancer.

Vous pouvez stimuler votre système immunitaire naturellement en faisant un peu d'exercice, en évitant le stress et en prenant tous les jours vos multivitamines. Plusieurs études montrent que de bas niveaux de vitamines dépriment le système immunitaire et accroissent le risque de cancer. Le minéral zinc est particulièrement important car seul un apport adéquat en zinc peut empêcher le Thymus (une glande qui jour un rôle majeur dans le fonctionnement du système immunitaire) de s'atrophier. La supplémentation en Zinc permet de stimuler le Thymus et d'accroître le nombre de lymphocytes T. Le minéral sélénium mérite aussi une mention particulière : une étude a montré que 200 mcg de sélénium par jour permettent d'accroître de 118% la capacité des globules blancs à éliminer les cellules cancéreuses, tout en accroissant l'activité des cellules tueuses de 82.3%. Il existe aussi d'autres nutriments plus spécifiques (cf. infra) qui sont de nature à stimuler un système immunitaire défaillant.

Le défenseur de première ligne : le foie

Le foie est l'organe du corps responsable de la détoxification : il possède un système enzymatique en deux phases spécialisé dans l'élimination des carcinogènes :
 

  • La détoxification de phase 1 met en œuvre une famille d'enzymes nommée cytochrome P450, dont le rôle est de désagréger les liaisons chimiques qui attachent les toxines les unes aux autres.

  • La détoxification de phase 2 permet de terminer le travail en attachant les toxines libérées par la phase 1 à des enzymes détoxifiantes (c'est la conjugation). Cette opération critique permet d'éviter que les toxines n'aillent altérer l'ADN dans les cellules saines. Les deux principales enzymes détoxifiantes sont l'acide glucuronique et le glutathion. Le glutathion est l'antioxydant le plus abondant dans le corps humain : c'est aussi son arme de pointe contre les carcinogènes. Une étude publiée en 1998 dans le Journal of the National Cancer Institute a montré que de bas niveaux de glutathion sont associés à un risque quadruple de cancer du sein. La meilleure source de glutathion est la N-acetylcystéine (NAC), forme acétylée de l'acide aminé L-cystéine. La NAC est bien tolérée, bien absorbée et se convertit aisément en glutathion dans l'organisme. En fait, la prise de NAC permet d'augmenter beaucoup plus facilement le taux sérique de glutathion, et elle est plus économique que la prise de glutathion directement par voie orale.

  • Plusieurs autres nutriments stimulent le processus de détoxification de phase 2 : la D-limonène, un phytonutriment présent dans l'écorce de l'orange amère, est sans doute le plus puissant promoteur des enzymes de phase 2. Le brocoli et les autres végétaux crucifères contiennent des indoles qui activent la phase 2. Le thé vert et la curcumine agissent directement sur les gènes qui sont codés pour promouvoir cette activité enzymatique. La silymarine protège les cellules du foie des dommages causés par les toxines et supporte indirectement le niveau de glutathion en se substituant à lui dans son rôle antioxydant. Le sélénium est un cofacteur important du glutathion et interagit avec une enzyme, la glutathion peroxydase, qui accroît son efficacité antioxydante.

Les nutriments antioxydants sont souvent aussi anti carcinogènes

Les antioxydants et les phytonutriments sont la force de frappe de la prévention du cancer. L'avenir réserve encore certainement de belles découvertes mais la recherche a déjà identifié un arsenal impressionnant. Vous pouvez vivre en pleine forme et sans maladie si vous choisissez bien vos nutriments et vous pouvez aussi vous protéger du cancer avec une nutrition appropriée.

1- Les caroténoïdes :

Ce sont les pigments qui donnent leur couleur rouge ou orange aux plantes. Les études ont montré, de manière répétée qu'une consommation élevée de bêta-carotène est corrélée avec un moindre risque de plusieurs cancers, notamment du poumon, de l'estomac et du sein. Le lycopène (que l'on trouve dans les tomates, les pamplemousses roses et les pastèques) réduit le risque de contracter les cancers du sein, du poumon, de l'endomètre et du cervix, du tractus digestif et de la prostate ; dans ce dernier cas, son efficacité (un risque réduit de 45%) est démontrée par une importante étude portant sur plus de 47.000 personnes ! attention : le lycopéne est beaucoup plus disponible pour l'organisme dans les tomates cuites que dans les tomates crues. Si vous n'aimez pas les tomates cuites, il vaut mieux prendre des suppléments ! Une consommation élevée des xantophiles lutéine et zéaxanthine est associée à un moindre risque de cancer du sein. Plusieurs études montrent qu'une consommation simultanée de la plupart des principaux caroténoïdes (ceux déjà cités, l'alpha-carotène, le gamma-carotène, la cryptoxanthine et la canthaxanthine) réduit significativement les risques de cancer de la bouche, de la gorge, du cervix et du sein. Il semble d'ailleurs démontré que la consommation simultanée des caroténoïdes les plus importants apporte des effets synergiques. Le degré de protection que les caroténoïdes apportent alors aux cellules est supérieur à celui qu'ils apportent individuellement.

2- Les Acides gras :

Un régime riche en poissons gras (hareng, morue, saumon, thon, maquereau, sardine) est associé avec un risque moindre de cancer et de maladie cardio-vasculaire. Ces poissons contiennent beaucoup d'acides gras Omega 3 qui réduisent aussi les processus inflammatoires. D'après Bruce Ames, Ph. D., qui dirige la recherche sur le cancer à l'université de Berkeley, Californie, les états inflammatoires chroniques accroissent l'activité radicalaire au point d'endommager l'ADN dans les cellules, ce qui explique l'action préventive de l'EPA (acide eicosapentaenoïque) et du DHA (acide docasahexanaeoïque). Une étude d'une durée de 10 ans dans 24 pays européens montre sans ambiguïté que la mortalité par cancer du sein et du colon décroît lorsque la consommation de poisson augmente. Les acides gras Omega 3 augmentent aussi l'activité des enzymes détoxifiants de phase 2 (voir plus haut) et ils inhibent une prostaglandine inflammatoire, la PGE-2, dont les effets sur la promotion du cancer sont connus.

3- Le soja et la génistéine :

Le soja contient des composés biologiquement actifs nommés isoflavones qui font preuve d'une pluridisciplinarité impressionnante lorsqu'ils agissent dans l'organisme : ils peuvent réduire le taux de cholestérol, rétablir l'équilibre hormonal, prévenir l'ostéoporose et protéger du cancer par plusieurs mécanismes. Le plus remarquable de ces isoflavones est la génistéine :

 

  • Une étude réalisée en 1993 a montré que la génistéine peut prévenir la croissance de nouveaux vaisseaux sanguins. Ces résultats ont été confirmés par une étude in vitro allemande et une étude récente de l'université John Hopkins de Baltimore. Les tumeurs cancéreuses ne peuvent prospérer sans angiogénése, c'est à dire sans croissance de nouveaux vaisseaux qui les alimentent en nutriments, au détriment de l'organisme qui les nourrit. La recherche anti-cancer a toujours espéré trouver un bon inhibiteur d'angiogénèse. L'intérêt initial pour le cartilage de requin, qui n'a pas été confirmé par des études sérieuses, était fondé sur des allégations spécifiques dans ce domaine. Les résultats portant sur la génistéine sont beaucoup plus encourageants.

  • La génistéine inhibe la formation de protéines spécialisées (" stress proteins ") que les tumeurs cancéreuses génèrent pour se défendre contre les attaques du système immunitaire. Une étude publiée en 1998 dans le Journal of the National Cancer Institute estime que, par ce mécanisme, la génistéine peut être un excellent traitement adjuvant à la chimiothérapie et à la radiothérapie.

  • Une étude publiée en 1996 montre que la génistéine bloque l'activation de la tyrosine kinase, une enzyme que fabriquent les tumeurs pour déjouer le mécanisme d'apoptose (mort programmée) inscrit dans chaque cellule. Une étude de 1996 montre que la génistéine peut ainsi inhiber la croissance de cellules cancéreuses prostatiques.

  • Enfin, la génistéine possède une structure chimique similaire à celle des hormones sexuelles œstrogènes, et se fixe sans difficulté sur les mêmes récepteurs cellulaires. Or la génistéine n'exerce qu'une très faible activité directement oestrogénique. La génistéine est donc particulièrement efficace pour bloquer le développement de tous les cancers oestrogéne-dépendants, notamment ceux du sein, de l'utérus, de la prostate et du colon, des sites où les récepteurs oestrogéniques sont particulièrement nombreux.

    4- Les végétaux crucifères :

    Le chou, le brocoli, le chou-fleur et les choux de Bruxelles sont des végétaux crucifères. En 1996, une méta-analyse portant sur 94 études cliniques a démontré sans ambiguïté que la consommation de ces végétaux diminue significativement le risque de cancer sur plusieurs sites dont le poumon, l'estomac, le colon et le rectum. Paul Talalay, Ph D de l'université John Hopkins de Baltimore avait isolé deux ans auparavant le sulforaphane, un composé dont il démontra qu'il stimule les enzymes détoxifiants de phase 2. Les pousses de Brocoli âgées de 2 à 3 jours sont la source alimentaire la plus riche en sulforaphane, dont elles contiennent entre 20 et 50 fois plus que les brocolis adultes. Le pouvoir d'inducteur enzymatique du sulforaphane est inégalé dans le règne végétal. Un autre composé présent dans ces végétaux, l'indole-3-carbinol (I3C) est capable d'altérer le métabolisme de l'oestradiol, le plus puissant et le plus carcinogène des œstrogènes, et de le convertir en oestrone, une forme d'œstrogène inoffensive. Plus d'oestrone et moins d'oestradiol signifie moins de cancers du sein et de l'endomètre pour les femmes. Qui plus est, l'I3C stimule la production du cytochrome P450 (enzymes de phase I) qui prépare le terrain à l'activité détoxifiante du sulforaphane.

 

5- Les autres végétaux anti-cancer

- Le romarin (rosmarinus officinalis) stimule la production de glutathion-s-transferase et de quinone réductase (deux enzymes de phase 2). Certains de ses composants bloquent la liaison des carcinogènes à l'ADN cellulaire. D'autres études sont nécessaires : il se peut que l'on entende parler beaucoup du romarin dans les années à venir.

- Le ginseng : une étude réalisée en Corée, sur 4.634 sujets pendant 5 ans, a montré que les consommateurs réguliers de ginseng contractent deux fois moins de cancers que les non-consommateurs ! Une étude approfondie réalisée en 1995 sur 1.987 sujets a confirmé ces résultats : les sujets ayant consommé du ginseng pendant 1 an ont une incidence de cancers réduite de 36%, ceux qui en ont consommé pendant 5 ans voient cette incidence réduite de 69%.

- Le gingembre contient de puissants antioxydants, le gingerol et la zingerone. Certains de ses composants sont plus puissants que la vitamine E. Une étude animale récente montre que le gingembre réduit significativement l'incidence des cancers de la peau.

- L'échinacée est un puissant stimulant du système immunitaire utilisé depuis toujours par les Indiens d'Amérique. Une étude datant de 1981 a montré que l'échinacée accroît l'activité anti-tumorale des macrophages. Dans une autre étude, l'activité des " cellules tueuses " a été accrue de 227% ! à l'évidence, de nouvelles recherches sont souhaitables !

- La silymarine : dans une étude animale, le nombre et la taille de tumeurs cutanées induites par des rayons ultraviolets ont été réduit respectivement de 67 et 66% chez les animaux supplémentés.

- La curcumine est un puissant inhibiteur de l'enzyme COX-2 qui stimule la production de la prostaglandine inflammatoire PGE-2. La curcumine inhibe aussi la production de la proétine-kinase induite par certains carcinogènes. Elle réduit aussi le niveau d'un oncogène (gène promoteur du cancer) puissant nommé c-jun. Apparemment, la curcumine semble avoir une activité anticancéreuse aux stades de l'initiation, de la promotion et de la progression de la tumeur. Une étude particulièrement étonnante, portant sur 62 patients atteints de cancers de la bouche et de la peau, a montré que 18 mois de traitement avec de la curcumine permettait de réduire l'odeur des lésions ulcératives chez 90% des patients, les démangeaisons et les purulences chez 70%, la douleur et la taille des lésions chez 50%. Dans une autre étude sur 16 fumeurs chroniques recevant 1,5 grammes de curcumine par jour, l'excrétion urinaire de sous produits mutagènes du tabagisme a été réduite de 40% ! SI vous persistez à fumer, ce serait sans doute une bonne idée d'ajouter un peu de curcumine à votre régime.

- Après le drame de Chernobyl, 45 enfants biélorusses ont reçu de l'algue spiruline pendant 45 jours : l'activité du système immunitaire a été stimulée et l'excrétion de composés radioactifs dans les urines a diminué. L'algue chlorella est une source très riche en chlorophylle, la substance qui donne leur couleur verte aux plantes : plusieurs études montrent que la chlorophyle a des effets aunticarcinogènes et notamment qu'elle protège l'ADN du dommage occasionné par les radiations.


- Le champignon oriental maïtake (Grifona frondosa) est riche en polysaccharides qui sont d'excellents stimulants du système immunitaire. L'un d'eux, le beta-glucan, est aussi un anti-mutagéne puissant. En 1986, le Dr Namba, Ph D, un scientifique japonais injecte des cellules cancéreuses a un groupe de souris, puis il ajoute 20% d'extrait de maitake à leur alimentation. Dans le groupe supplémenté, la croissance des tumeurs est inhibée à 86.3% ! Des recherches ultérieures démontraient que le maïtake et le beta-glucan activent différentes cellules du système immunitaire : lymphocytes T, macrophages et cellules tueuses, qui attaquent directement les cellules cancéreuses qui forment la tumeur. Le b>maïtake et le beta-glucan ont aujourd'hui plusieurs dérivés et analogues pharmaceutiques qui sont, dans plusieurs pays, des traitements adjuvants acceptés de la chimiothérapie.

6- Les alkylglycerols :

Les requins sont sur terre depuis près de 200 millions d'années, vivent près de 100 ans, cicatrisent leurs blessures avec une étonnante rapidité et sont dotés d'un admirable système immunitaire qui les protègent de beaucoup de maladies, y compris le cancer. Beaucoup de scientifiques pensent que c'est dans le foie du requin, qui représente souvent plus de 20% de son poids, que se trouve son secret : les alkylglycerols (AKG). Les AKG sont des acides gras qui sont également présents dans le lait humain (10 fois plus que dans le lait de vache) et qui stimulent vigoureusement le système immunitaire. Les AKG stimulent l'activité des leucocytes, des lymphocytes et des macrophages. Dés les années 1970, il est démontré que les AKG inhibent la croissance des tumeurs chez les animaux de laboratoire. Lorsque les AKG sont utilisés comme traitement adjuvant de la radiothérapie, la toxicité des rayons est réduite, le taux de survie est accru et même ceux qui décèdent vivent plus longtemps. Les taux de survie semblent améliorés de manière particulièrement élevée chez les patients de sexe féminin âgés de moins de 60 ans. Un autre composant de l'huile de foie de requin, le squalène, a également des propriétés anticarcinogénes propres : il inhibe une enzyme qui active un oncogéne (un gène qui favorise le développement du cancer) particulièrement néfaste.

7- Vitamines et minéraux :

- La vitamine A renforce la réponse immunitaire chez les personnes âgées, les victimes d'infections et les convalescents postopératoires. Lorsque les taux de vitamine A sont bas, les lésions précancéreuses de la peau et des muqueuses surviennent plus facilement. Plus de 30 essais cliniques sont actuellement en cours pour déterminer l'efficacité de différents composés de la vitamine A pour inhiber les mutations de plusieurs types de lésions.

- Lorsque les taux sériques de vitamine C sont élevés, la probabilité de contracter certains cancers (en particulier de l'estomac et de l'œsophage) est fortement réduite. La vitamine C bloque la formation des nitrosamines, un composé carcinogène produit dans l'organisme par le métabolisme des nitrites. Trois études récentes menées sur des populations importantes démontrent que la vitamine C prévient les cancers du sein, du cervix et du colon. En 1992, l'étude réalisée par JE Enstrom, Ph D, de l'école de santé publique de UCLA, Los Angeles, sur 11.348 adultes a montré, parmi d'autres résultats impressionnants, que la mortalité par cancer est inférieure de 22% chez les personnes qui prennent des suppléments de vitamine C !

- La vitamine E est un puissant stimulant du système immunitaire qui protège le thymus et les globules blancs du stress oxydatif. Une étude finlandaise portant sur 29.000 hommes a montré que ceux qui avaient pris pendant 8 ans des suppléments de vitamine E avaient une incidence 32% moindre du cancer de la prostate et une réduction de 41% de la mortalité afférente. Une autre étude finlandaise montre que les femmes qui ont le taux sérique le plus élevé de vitamine E ont 50% moins de risque de développer un cancer du sein ou de l'utérus.

- Lorsque les taux sériques de vitamine D sont bas, le risque de cancer de la prostate est plus élevé. Lorsque le taux de vitamine D est élevé, le risque de cancer du colon ou du rectum est significativement plus faible (Harvard Nurses Study, étude longitudinale portant sur 89.000 infirmières).

- De bas niveaux d'acide folique sont associés à un risque supérieur de cancer du cervix, du colon, du rectum, du poumon, de l'œsophage et du cerveau. L'acide folique est nécessaire pour réparer l'ADN et il intervient dans la fonction immunitaire.

- La vitamine B12, en association avec l'acide folique, permet de réduire le nombre de lésions précancéreuses dans les bronches des gros fumeurs (étude sur 73 hommes ayant fumé plus d'un paquet de cigarettes par jour pendant plus de 20 ans).

- Le minéral calcium réduit le risque de cancer du colon chez les personnes à risque. Après une ablation de polypes dans le colon, on observe une récurrence de ceux ci dans 55% des cas, mais chez 12,9% seulement des personnes supplémentées en calcium.


- Le minéral zinc est un acteur de premier plan du système immunitaire : il est impliqué dans des centaines de réactions enzymatiques indispensables à son bon fonctionnement. La carence en zinc est notoirement corrélée à l'élévation du risque de cancer de la prostate, et les taux de zinc sont bas, en général, chez toutes les victimes de cancer.

- Le minéral sélénium est d'une importance capitale dans la prévention du cancer. Plusieurs études portant sur de vastes populations montrent que les taux sériques de sélénium sont inversement proportionnels au taux de cancers du sein, de l'estomac, de l'œsophage, du foie et de la peau. Une étude publiée dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) en 1996 montre que la supplémentation avec 200 mcg de sélénium par jour réduit l'incidence globale du cancer de 41% et la mortalité par cancer de 52%.

8- Autres nutriments anti-cancer:

- L'ail (et à un moindre degré ses cousins, les oignons et échalotes) est riche en composés soufrés extrêmement bénéfiques pour la santé, dont les plus importants sont la S-allylcystéine, la S-allilmercaptocystéine et le diallyl sulfide. Des études montrent que la prise d'ail prévient le cancer de l'estomac de manière dose dépendante (plus la consommation est élevée et plus la prévention est efficace). D'après John Pinto, Ph. D., du Sloan-Kettering Cancer Center à New York " il y a de plus en plus de preuves que l'ail et ses dérivés préviennent le développement d'au moins 6 cancers différents (sein, colon, peau, estomac, œsophage et prostate) ". Dans une méta-analyse réalisée en 1997, 19 études sur 20 ont démontré un rôle protecteur statistiquement significatif de la consommation d'ail et d'oignons vis à vis du risque de cancer.

- Le risque de cancer du sein est fortement réduit chez les femmes qui consomment beaucoup de fibres (étude sur 707 femmes en Uruguay). La consommation de fibres décroît aussi le risque de cancer du colon.

- Le thé vert, c'est le thé sous sa forme la plus fraîche, la moins raffinée et la moins industrialisée. C'est ainsi qu'il est consommé en Orient, en quantité importante, souvent à la place de l'eau. Le thé vert contient de formidables antioxydants nommés polyphénols dont certains, les catéchines, sont aussi des anticarcinogènes actifs. Le plus puissant de ces polyphénols, l'epigallocatéchingallate (EGCG) bloque l'effet carcinogène de beaucoup de toxines. Vous noterez que c'est aussi, parmi les polyphénols, le plus puissants des antioxydants. Une étude publiée en 1994 dans le Journal of the National Cancer Institute a montré que les buveurs de thé vert réduisent leur risque de cancer de l'œsophage de 60%. Une autre étude a montré que les femmes japonaises qui boivent du thé vert réduisent leur risque de cancer de l'œsophage de 60%. Les fumeurs japonais buveurs de thé vert réduisent leur risque de cancer du poumon de 45%, ce qui explique que le Japon ait à la fois le plus fort pourcentage de fumeurs du monde développé et le plus faible taux de cancers du poumon ! les polyphénols du thé vert sont particulièrement remarquables parcequ'ils protègent du cancer à tous ses stades : initiation, promotion et progression :

 

  • L'extrait de thé vert inhibe le développement de tumeurs causés par les rayons ultraviolets B.

  • Il inhibe la progression du cancer, dans les études animales, à différents sites : estomac, duodenum, colon, foie et pancréas.

  • Dans les études animales, l'application d'extrait de thé vert sur des lésions cutanées précancéreuses a empêché qu'elles se développent en mélanomes.

  • Le thé vert neutralise les nitrosamines, carcinogènes alimentaires qui induisent le cancer de l'estomac.

  • D'après une étude du Saitana Cancer Center au Japon, le thé vert, lorsqu'il est consommé en quantité suffisante (au moins 10 tasses par jour) diminue radicalement la progression des cancers déjà initiés : les patients atteints de cancers et gros buveurs de thé vert vivent en moyenne 4 ans et demie de plus (hommes) et 6 ans et demie de plus (femmes) que les patients qui en boivent moins de 3 tasses par jour ! peu de traitements conventionnels du cancer peuvent s'enorgueillir d'un tel impact statistique sur la progression de la maladie.

    Si l'on considère la totale absence de toxicité du thé vert, son faible coût et ses multiples autres bénéfices pour la santé (antioxydant, prévention des maladies cardiovasculaires, propriétés antivirales, anti-bactériennes et anti-fongiques), on ne peut que conseiller d'inclure le thé vert dans les habitudes alimentaires et la supplémentation.

     

  • Le pycnogenol (extrait de l'écorce du pin maritime) et l'extrait de pépins de raisins contiennent des flavonoïdes, les proanthocyanidines, qui sont parmi les antioxydants les plus puissants jamais découverts. Stewart Brown, Ph.D., de l'université de Nottingham en Grande-Bretagne, a montré que les proanthocyamidines, ralentissent la mutation des cellules cancéreuses. Et D.White a montré qu'ils inhibent la création d'un des composés les plus carcinogènes issus du benzoprène dans la fumée de cigarettes.

  • L'acide alpha-lipoïque est un antioxydant puissant, hydrosoluble et liposoluble, qui est aussi un chélateur des métaux lourds. D'après Richard Passwater, Ph.D., l'acide alpha-lipoïque peut empêcher l'activation des oncogènes (les gènes qui déclenchent le cancer lorsqu'ils sont activés par un carcinogène), en raison de sa capacité unique à pénétrer le cytosol (noyaux cellulaire) où il inhibe le " facteur nucléaire kappa-B ". Le NF kappa-B active les oncogènes sous l'influence des radiations, des ultraviolets ou des radicaux libres.

  • Le coenzyme Q10 est surtout connu pour réduire la mortalité et améliorer la qualité de vie des patients de maladies cardio-vasculaires. Le CoQ10 est aussi un antioxydant puissant qui pénètre jusque dans les mitochondries les " centrales énergétiques " des cellules. L'intérêt des oncologues pour les CoQ10 fait suite à une petite étude réalisée à Copenhague sur 32 patientes atteintes de cancer du sein. Les patientes reçurent 90 mg de CoQ10 par jour : après plusieurs mois, il y avait rémission partielle des tumeurs chez 10 femmes, et après 2 ans, toutes les patientes étaient encore en vie alors que statistiquement il y aurait dû y avoir au moins 4 décès. Le plus intéressant est que dans deux cas où le dosage fût accru à 300 mg par jour, la tumeur régressa jusqu'à ce qu'elle ne soit plus palpable et devienne invisible à la mammographie. D'après le Dr Knud Lockwood, qui pilotait l'étude, c'était la première fois qu'il assistait à la régression spontanée complète d'une tumeur de 2 cm. Plusieurs autres études sont en cours pour valider ces résultats, et certains résultats préliminaires semblent extrêmement favorables.

  • Le resveratrol est un antioxydant puissant que l'on trouve surtout dans le raisin rouge et dans le vin qui en est tiré. Le resveratrol est un inhibiteur puissant de l'enzyme CoX-2 qui joue un rôle majeur dans la promotion des cancers d'origine inflammatoire. Dans une expérience réalisée en 1997 à l'université d'Illinois, le resveratrol a permis de réduire de 88% le nombre de souris qui développent des cancers de la peau, et de 98% le nombre de tumeurs sur celles qui en contractent, par rapport aux contrôles, : c'est ce qu'on appelle un bon point de départ pour la recherche !

    9- Nouvelles avancées de la prévention :

    Certains de ces nutriments mériteront certainement davantage de développements dans un ou deux ans, lorsque d'autres études auront confirmé leur efficacité :

     

  • La fucoxanthine est un carotenoïde issu des algues brunes. Dans une étude où des souris reçurent un puissant carcinogène destiné a induire des tumeurs du duodenum, la fucoxanthine a permis de réduire significativement le nombre de souris atteintes et le nombre de tumeurs par souris. Les études in vitro sur des souches cancéreuses humaines confirment ce résultat.

  • Un isoflavonoïde, la klevitone, semble, dans les études in vitro, avoir aux moins 3 fois plus d'action inhibitrice sur les cellules cancéreuses du sein que la génistéine.

  • Plusieurs études réalisées à l'université de médecine du Maryland par Abdulkalam Shamsuddin, M.D., Ph.D., ont montré que l'administration d'hexaphosphate d'inositol (IP-6) réduit fortement l'incidence et la taille des tumeurs cancéreuses dans les expériences animales. La recherche in vitro a confirmé ces études.

     

  • L'acide procatechuique (PCA) , un acide phénolique courant dans les végétaux comestibles, réduit l'activité des nitrosamines dans l'estomac et inhibe fortement le développement des cancers du colon, du foie, de la vessie et de la bouche chez le rat et le hamster.

  • L' acide linoléique conjugué (CLA) est un acide gras que l'on trouve surtout dans la viande et le lait des bovins nourris en herbage et pâturage. Le CLA protège les animaux de laboratoire de l'induction expérimentale du cancer du sein par le MNU, un puissant carcinogène.

  • L' acide ellagique est un polyphénol que l'on trouve surtout dans les fraises, les mûres, les framboises et le cassis : il inhibe les cancers induits chimiquement chez les animaux de laboratoires dans les poumons, la peau, le foie et l'œsophage. L'acide ellagique inhibe certains enzymes qui libèrent les éléments les plus toxiques des carcinogènes et il stimule la production de glutathion et d'autres enzymes détoxifiantes. L'acide ellagique protège aussi l'ADN et l'aide a résister aux mutations induites par les carcinogènes. Son efficacité a été démontrée, in vitro et sur des modèles animaux, sur des carcinogènes aussi variés et puissants que les radiations, le tétrachloride, les nitrosamines et l'aflatoxine.
     

    Nous espérons que vous avez compris qu'il ne tient qu'à vous de prendre les mesures nécessaires : éviter les carcinogènes, adopter une alimentation saine et un programme de supplémentation préventif, pour vivre toute votre vie sans jamais rencontrer le cancer. C'est un véritable scandale de dépenser des sommes colossales pour traiter avec un succès très modeste une maladie que des mesures préventives simples et beaucoup moins coûteuses permettraient d'éradiquer. Si l'on considère la situation exactement similaire de l'autre grande cause de mortalité dans les pays développés, les maladies cardiovasculaires, on finit par se demander si la situation actuelle ne fait pas l'affaire de certains groupes d'intérêt et si " l'industrie du cancer " n'est pas devenue, tout simplement, un business comme un autre…

    Nous ferons deux remarques pour terminer :

    Il existe près de 200 nutriments et phytonutriments dont l'activité antimutagène a été démontrée in vitro. Quelques dizaines ont été testés sur l'animal (ceux que nous évoquons ci-dessus) et quelques-uns uns seulement sur l'être humain. Si l'on considère le fait que ces molécules naturelles, non brevetables, n'enrichiront vraisemblablement jamais aucun laboratoire, il est déjà admirable qu'une telle quantité de travaux ait été effectuée. Le fait que certaines molécules aient été testées sur certaines souches de cellules ou certains sites de cancers ne signifie pas qu'elles soient dénuées d'utilité sur d'autres souches ou dans d'autres sites, et, là encore, l'utilisation simultanée de plusieurs molécules peut certainement apporter une synergie appréciable.

    Enfin, cet article ne concerne que la prévention du cancer. Nous n'avons évoqué les propriétés thérapeutiques des nutriments que lorsque la recherche, souvent incidemment, a démontré qu'une molécule ayant une activité préventive (en intervenant contre un carcinogène ou au stade de l'initiation de la maladie) agit aussi à des étapes ultérieures. Certains nutriments ou phytonutriments sont déjà utilisés dans des thérapies alternatives ou comme traitements adjuvants, pour renforcer l'efficacité des thérapies traditionnelles ou pour réduire les " dommages collatéraux " de la chimiothérapie et de la radiothérapie. Cet aspect de la question mériterait bien sûr de plus longs développements. Nous y reviendrons car l'actualité ne manquera pas de le justifier.

     

    Cet article est largement inspiré des idées développées dans l'ouvrage "Dr Gaynor's Cancer Prevention Program" de Mitchell L. Gaynorr, M.D. (Kensington Publishing Corp., New York, 1999). L'ouvrage contient les références complètes des études citées dans cet article. Le Dr Gaynor est directeur de l'Oncologie Médicale au Strang Cancer Prevention Center, qui est affilié à l'Hôpital de New York.

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