INTOXICATION AUX METAUX LOURDS

Troubles neuromusculaires, troubles métaboliques, mais aussi problèmes comportementaux… l’exposition aux métaux lourds, y compris à faible dose, peuvent être à l’origine de nombreuses pathologies souvent insidieuses. Voici ce que nous savons aujourd’hui sur les plus fréquents de ces toxiques indécelables par les examens médicaux classiques.

 

De nombreuses affections physiques et mentales sont provoquées par une intoxication chronique aux métaux lourds. Ils intoxiquent nos cellules et prennent la place des oligo-éléments qui sont des catalyseurs d’activités enzymatiques. Cette substitution a pour effet d’inhiber de nombreuses fonctions vitales au niveau cellulaire. De plus, ils perturbent le fonctionnement du système immunitaire et sont responsables des maladies auto-immunes dont la fréquence ne cesse d’augmenter.

Une des priorités est d’abord de les éviter au quotidien. Ce n’est pas facile car les sources de ces pollutions sont nombreuses et différentes selon le toxique incriminé.

 

L’aluminium

Ce métal est présent dans  :

L’eau du robinet, car les stations d’épuration qui rendent l’eau potable utilisent du sulfate d’aluminium pour éliminer les matières organiques de l’eau.

Les ustensiles de cuisine en aluminium, casseroles ou emballages (feuille d’alu, barquettes en alu) libèrent du métal dans les aliments (100 g de tomates conservées dans une feuille d’alu toute une nuit peuvent contenir jusqu’à 6,5 mg d’aluminium). Citons également les boîtes de conserve et les boissons en canette.

Les additifs alimentaires sous forme de colorant (E173), d’épaississants, d’anti-agglomérants, d’émulsifiants (E520, E521, E522, E523).

Le E541 dans les viennoiseries et les E554, E555, E556, E559, dans les aliments séchés en poudre ainsi que le sel raffiné et les fromages industriels.

Certains dentifrices et déodorants contiennent du chlorure d’aluminium.

La plupart des vaccins contiennent des doses d’aluminium 50 à 80 fois supérieures aux normes européennes (15 µg par litre).

Certains médicaments, dont de nombreux antiacides, contiennent de l’hydroxyde d’aluminium parfois en forte dose, comme le Maalox (200 mg).

Les effets de l’aluminium sur la santé :

  • L’aluminium est toxique pour le cerveau, il peut être à l’origine de pertes de mémoire ainsi que de la maladie d’Alzheimer. Plusieurs études démontrent que le risque de développer la maladie d’Alzheimer est huit fois plus élevé chez les personnes qui absorbent une quantité anormalement élevée d’aluminium
  • Il peut interférer avec l’assimilation du calcium et du phosphore. Cela empêche la croissance des os (rachitisme) et réduit la densité osseuse (ostéoporose).
  • Sa toxicité peut aussi avoir pour conséquence des douleurs musculaires, de l’anémie, des troubles digestifs, une perturbation de la fonction hépatique, des coliques et une insuffisance rénale.
  • Une pathologie musculaire inflammatoire (myofasciite à macrophages) dont les symptômes sont des douleurs musculaires et de la fatigue avec un peu de fièvre. Les biopsies musculaires (prélèvements de cellules) pratiquées sur ces malades révèlent alors la présence d’une concentration anormale d’aluminium au niveau du muscle où l’on a administré un vaccin contenant de l’aluminium.
  • Une perturbation du système immunitaire  : cause première des maladies auto-immunes.

 

Le mercure

Les sources de pollution au mercure sont diverses mais la pollution de loin la plus importante provient des amalgames dentaires. Une personne possédant huit amalgames métalliques en bouche (ce qui est la moyenne de la population française) peut s’intoxiquer au mercure à raison de 15 µg par jour. Toutefois, l’importance de la libération du mercure dans l’organisme est très variable. Le mercure est également utilisé comme conservateur dans les vaccins. Le thiomersal est un sel de mercure qui agit comme anti-infectieux et conservateur. Mais il existe d’autres sources de contamination : air pollué (usines), poissons et mollusques, plastiques, encres d’impression, certaines peintures, pesticides organo-mercuriels, en cas de bris de néon ou d’ampoules à économie d’énergie.

Signes de l’excès de mercure :

  • Tremblements musculaires, paralysie, convulsions.
  • Hypersalivation, stomatite, parodontite.
  • Hyperactivité et troubles de l’attention chez les enfants.
  • Autisme.
  • Perturbations du système immunitaire, cause première des maladies auto-immunes.

 

L’arsenic

L’arsenic est largement répandu dans la biosphère sous forme d’élément trace. Dans certaines régions, les concentrations d’arsenic dans le sol et dans l’eau sont très élevées, que ce soit naturellement ou du fait de l’activité humaine. En effet, l’arsenic est employé comme insecticide dans l’agriculture. On en retrouve surtout dans les céréales (le riz et le blé), les légumes, les fruits de mer.

À une moindre échelle, l’arsenic est utilisé pour le traitement du bois, dans les industries du verre et des pigments, dans les appareils électroniques et pour les alliages.

Signes de l’excès d’arsenic  :

  • Faiblesse, somnolence.
  • Maux de tête, convulsions.
  • Douleurs musculaires.
  • Neuropathie périphérique.

 

Le plomb

Le plomb est un métal largement utilisé : dans les batteries de voiture, sous forme de tôles plombées dans le secteur de la construction, dans le plastique PVC, dans le cristal et la céramique, sous forme d’écran contre les radiations, dans certaines teintures pour cheveux.

Signes de l’excès de plomb :

  • Effets sur le système nerveux  : hyperactivité, troubles de l’attention, faiblesse intellectuelle.
  • Effets sur la moelle osseuse et le sang : le plomb bloque plusieurs enzymes nécessaires à la synthèse de l’hémoglobine. Ces effets sanguins aboutissent à une diminution du nombre des globules rouges et à une anémie.
  • Effets gastro-intestinaux  : constipation ou diarrhée, goût de métal dans la bouche, douleurs ou crampes abdominales.

 

Le cadmium

Pour les fumeurs, la source majeure d’exposition au cadmium est la fumée de cigarette. Pour les non-fumeurs, la voie principale d’absorption du cadmium est l’ingestion de nourriture. Cela est dû au fait que ce métal, présent dans le sol, se retrouve à l’état de traces dans les légumes qui y poussent. On en trouve également dans les gaz d’échappement des automobiles.

Signes de l’excès de cadmium :

• Emphysème pulmonaire sans antécédent de bronchite chronique.

• Insuffisance rénale.

• Risque augmenté de fractures osseuses.

 

L’antimoine

La voie principale de contamination est la présence d’antimoine dans les eaux minérales embouteillées et stockées dans des récipients en plastique de type polyéthylène téréphtalate (PET) car l’antimoine est utilisé comme catalyseur de polymérisation du PET. La concentration d’antimoine est proportionnelle au temps de séjour de l’eau dans la bouteille en plastique qui, on le sait, peut-être assez long.

L’antimoine entre dans la composition de nombreux alliages, auxquels il confère dureté et résistance à la corrosion. On l’utilise également dans les textiles comme retardateur de flamme.

Signes de l’excès d’antimoine :

• Irritation des voies aériennes supérieures (rhinite, laryngite, trachéite).

• Problèmes cardiovasculaires (hypertension, arythmie…).

• Troubles digestifs (gastro-entérites).

• Troubles nerveux (céphalées…).

 

Les détecter

Le diagnostic et la quantification de la présence de métaux lourds, ou éléments traces métalliques, dans notre organisme n’est pas chose aisée. Certains préconisent l’analyse des cheveux, la prise de sang, le dosage urinaire, l’analyse de selles ou de la salive. Le problème est que les métaux lourds se fixant principalement dans les cellules, ces tests ne constituent pas des preuves irréfutables de l’intoxication. Souvent, ils ne sont pas si faciles à utiliser. Le dosage de mercure dans les cheveux, par exemple, s’est révélé négatif dans les cas d’intoxication de longue durée puis parfois positif après avoir commencé un traitement.

J’ai eu personnellement l’occasion de tester un dispositif portatif équipé d’un spectrophotomètre de type Raman couplé à un logiciel permettant la mesure des métaux lourds intracellulaires mais également la biodisponibilité des minéraux utiles (calcium, magnésium, zinc, cuivre, fer…). Ce dispositif fournit des résultats fiables et rapides (le test prend trois minutes). Il devrait bientôt équiper la plupart des cabinets des thérapeutes conscients de l’importance du dosage des minéraux et des métaux lourds pour notre santé.

 

 

Désintoxication par la médecine naturelle

On recourt en général à des substances chélatrices, capables de former avec les minéraux ionisés des complexes stables, inactifs et hydrosolubles, donc facilement évacuables par les voies urinaires.

Certains de ces produits ont néanmoins un inconvénient majeur, leur non-sélectivité, de sorte que les minéraux indispensables subissent le même traitement, risquant de créer des déficits, voire des carences en calcium, fer, magnésium…

Il n’est donc pas envisageable de s’engager dans une telle désintoxication au long cours sans l’avis, puis le suivi périodique d’un médecin nutrithérapeute ou d’un naturopathe. Ces substances ne doivent pas être prises pendant la grossesse ni l’allaitement.

  • Les algues

Outre l’EDTA qui est le plus ancien des traitements mais qui, molécule de synthèse oblige, n’a pas sa place ici, le second complément chélateur auquel on pense est la chlorella (Chlorella pyrenoidosa). Cette microalgue a d’abord été utilisée au Japon après la Seconde Guerre mondiale pour offrir des apports suffisants en protéines et vitamines. Dans un second temps, il s’est avéré que la chlorella possédait la propriété de chélater les minéraux, à raison de deux ou trois grammes (biologique indispensable !) par jour en continu, des mois durant. Toutefois, il est fréquent de ressentir un certain inconfort (maux de tête, malaise digestif, baisse de l’humeur, douleurs articulaires, etc.) après quelques jours de cure de désintoxication à la chlorella. Certains conseillent d’augmenter, parfois de façon considérable, la posologie. Ce genre de protocole pousse les émonctoires dans leurs limites, au risque de provoquer leur vieillissement accéléré.

Face aux intoxications, il existe une autre algue capable de débarrasser notre organisme de ces métaux très nocifs. I. Des recherches mondiales ont démontré que l’algue brune Laminaria japonica contient plusieurs principes actifs de la plus haute valeur thérapeutique dont l’alginate qui est un puissant capteur, ou chélateur, de métaux lourds.

Par rapport à la chlorella, le traitement est plus rapide et surtout il ne présente pas ces phénomènes d’aggravation temporaire des symptômes.

La durée du traitement dépend surtout de l’importance de l’intoxication (entre 3 et 6 mois) et il sera de préférence suivi par un médecin formé à la chélation.

  • La zéolite

Complément moins connu, la zéolithe clinoptilolite (ZC) : du fait de sa structure stable et de sa nature microporeuse, ce minéral présent dans certaines roches volcaniques offre une grande surface de contact avec l’air, chargée négativement (riche en électrons), ce qui attire les éléments chargés positivement (pauvres en électrons ou cations) dont de nombreux polluants tels que le cadmium, le mercure, le nickel, le plomb et certaines bactéries, entre autres. Outre son rôle d’éboueur, la ZC posséderait d’importantes activités antioxydantes, régulatrice de la flore intestinale et restauratrice de l’immunité.
Afin d’augmenter ses propriétés thérapeutiques, elle est vendue sous forme micronisée, soit pure, soit combinée avec du curcuma ou de l’aloé véra. La dose habituellement recommandée est de 5 grammes 1 ou 2 fois par jour.

 

 

Attention aux émonctoires

Quelle que soit l’intention que l’on a avant de démarrer une cure de désintoxication, il est indispensable de se rappeler que les fonctions émonctorielles vont être réquisitionnées alors qu’elles sont peut-être saturées, voire diminuées. Il est donc évident que la posologie des chélateurs ne doit pas être exagérée et que leur prise doit être associée à celle de certains draineurs.

Pour ce faire, en même temps qu’un dépistage des métaux toxiques, il est capital de faire dresser par son médecin traitant un bilan des fonctions hépatiques et rénales avant même de commencer la cure, puisque, de toutes les fonctions émonctorielles, ce sont ces deux-là qui sont majoritairement sollicitées: au minimum, dosages sanguins de la créatinine, des transaminases (ALAT, ASAT) et des gamma glutamyltranspeptidases (GGT).

Ce premier état des lieux présente d’ailleurs un double intérêt : adapter au mieux la posologie des chélateurs et des draineurs, et servir de repère lorsque de nouveaux contrôles seront pratiqués.

 

Article publié sur le site Alternative Santé.

 

 

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