LA SPIRULINE

Brindilles de spiruline après séchage.

Brindilles de spiruline après séchage.

La spiruline fait partie de la famille des cyanobactéries apparues il y a 3,5 milliards d'années et reconnues comme les premiers êtres vivants de la planète à la base du développement de la vie sur terre par leur photosynthèse et donc leur production d'oxygène.

N.B. : Les cyanobactéries, sans coquille ou squelette, ont une fossilisation quasiment impossible. Par contre, elle produisent une substance calcaire qui se minéralise en formant une roche appelée stromatolite. Ce sont ces stromatolites qui remontent à 3,5 milliards d'années et prouvent l'existence des cyanobactéries.

 

Cliché réalisé en Mauritanie, où nous avons découvert une colline

entièrement constituée de stromatolites.

 

PROPRIÉTÉS

Avec 50 à 70 % de protéines (autant que dans la viande de boeuf), ses huit acides aminés essentiels, ses vitamines et ses minéraux, il s'agit, pour peu qu'on y ajoute de l'oméga 3 (poisson gras ou noix), de l'aliment le plus complet de la planète après le lait maternel (Dr Jean Dupire).

Mais ce n'est pas tout, la spiruline contient 10 à 20 % de phycocyanine, un trésor inestimable pour la santé. Ce qui suit est emprunté au livre "Spiruline, l'algue bleue de santé et de prévention", du Docteur Jean-Louis Vidalo, qui s'appuie sur des études scientifiques et dont les 526 références sont en annexe de son livre.

En effet, la phycocyanine renforce nos défenses immunitaires par la production de globules rouges, blancs, de plaquettes et de cellules souches. Elle stoppe l'évolution de la leucémie, inhibe de nombreux virus comme la grippe, les oreillons ou la rougeole, ainsi que certaines cellules cancéreuses. Elle inhibe également la réplication du VIH dans les lymphocytes T et dans les cellules sanguines. C'est l'antioxydant le plus puissant connu à ce jour pour lutter contre le vieillissement et les pathologies dégénératives. Elle est détoxifiante, protège le foie, diminue l'hépatotoxicité des chimiothérapies, les effets des radiations, évacue et régule le cholestérol, améliore la digestion des lipides et a des propriétés anti-inflammatoires et anti-allergiques. Enfin, la phycocyanine agit sur les dépôts graisseux internes des artères, diminuant considérablement les risques de maladies cardio-vasculaires, AVC et infarctus du myocarde.

N.B. : La phycocyanine, également appelée "sang vert", possède à la fois un atome de fer (propre au sang humain) et un atome de magnésium (propre à la chlorophylle). On considère donc qu'elle est aussi bien à l'origine du monde animal que du monde végétal.

 

 

A QUOI RESSEMBLE-T-ELLE ?

Concrètement, la spiruline est une bactérie (appelé à tort micro-algue) d'environ 300 micromètres (0,3 mm) en forme de spirale, à mi-chemin entre le végétal et l'animal.

Ce n'est pourtant ni un végétal, ni une algue, car elle est procaryote (unicellulaire sans noyau) et que les végétaux sont eucaryotes (avec un noyau). Mais, elle réalise la photosynthèse comme les végétaux. Cependant à l'inverse des plantes, la spiruline a le pouvoir de se mouvoir en tournant sur elle-même pour se protéger du soleil, et en se laissant couler puis remonter en surface, suivant la luminosité grâce à ses vésicules gazeuses dégonflables.

 

 

ORIGINE CONNUE

La préhistoire : selon l'étude de Lembi C.A. et Waaland J.R. l'homme de Néandertal consommait déjà de la spiruline.

IXème siècle : au VIIème siècle, les Zaghâwa fondèrent le royaume du Kanem sur les rives du lac Tchad, où est encore exploitée de nos jours une spiruline à l'état naturel. Il s'agit du premier peuple mentionné dans les écrits*, dès le IXème siècle, pour sa récolte et sa consommation de spiruline.

* "Histoire du Monde, Ta'rikh ibn Wadih" de l'historien arabe Al Ya'qûbî.

IXème siecle : les Mayas du Yucatan avaient franchit un pas significatif en pratiquant la culture de la spiruline (selon les découvertes archéologiques, il s'agit de la première exploitation).

1521 : Bernarl Diaz del Castillo, de l'expédition Cortés fait état de la récolte de spiruline naturelle par les Aztèques dans les lacs de Mexico.

 

 

ETUDES SCIENTIFIQUES

1827 : Turpin est le premier à isoler la spiruline.

1844 : Wittrock note sa présence près de Montévidéo (Uruguay).

1852 : Stizenberger publie un rapport et donne le nom d'Arthrospira.

1931 : Rich redécouvre l'algue dans les lacs de la Rift Valley (Afrique).

1940 : le pharmacien Creach de l'armée française basée à N'Djaména tombe sur la spiruline du lac Tchad, récoltée et vendue sur les marchés environnants. Il envoie un échantillon pour analyse au phycologue Pierre Dangeard, mais avec la guerre, sa publication passe à la trappe.

1959 : Max-Yves Brandilly, anthropologue et cinéaste en tournage au Tchad, remarque le dépot bleu-vert d'une algue sur les rives du lac et le travail des femmes qui la récoltent. A son retour il écrit un article dans Science et Avenir "Depuis des lustres une tribu primitive du Tchad exploite la nourriture de l'an 2000".

1964 : Jean Léonard, botaniste au sein d'une expédition transaharienne belge est lui aussi fasciné par la récolte de cette algue bleue-verte. Il envoie une galette séchée de cette trouvaille à l'algologue Pierre Compère, qui l'analyse. Ils déterminent l'espèce spirulina platensis et confirment les observations du phycologue Pierre Dangeard.

1970 : Ripley Fox, microbiologiste américain, est le premier à tenter la culture de la spiruline, hormis les Mayas qui selon les historiens cultivaient la micro-algue dans le Yacatan, dès le IXème siècle.

1976 : Hubert Durant-Chastel met en place au Mexique avec la société Sosa Texcoco la première exploitation industrielle de spiruline.

1997 : première exploitation industrielle en Europe, installée dans le sud de l'Espagne.

 

Par la suite, de nombreuses petites exploitations artisanales se sont développées à travers le monde, principalement dans les pays en voie de développement, pour lutter contre la malnutrition.

 

En France, il y aurait environs 200 fermes de spiruline, et ce nombre augmente chaque année.

 

 

LA SPIRULINE "SAUVAGE" SUR LA PLANÈTE

La spiruline pousse naturellement dans de nombreux lacs à travers le monde et a été répertoriée dans une trentaine de pays (17 en Afrique ; 6 en Asie ; 10 aux Amériques ; 2 en Europe).

Pour l'anecdote, deux sites ont été découverts en France, l'un en Corse en 2010, par Philippe Stéfanini, un scientifique du pays. Il s'agit d'un petit étang de 20 m2 du désert des Agriates situé dans la ceinture marécageuse entre la plage de Saleccia et du Loto. L'autre en Camargue en 1994 par Gilles Planchon et 2011 par Claudie Pelherbe.